Une tendance marquante persiste au Québec : une large part de la population continue de boycotter activement les produits fabriqués aux États-Unis. Ce phénomène, qui se renforce depuis plusieurs années, semble désormais ancré dans les habitudes de consommation des Québécois. En effet, de nombreuses personnes privilégient les produits locaux ou canadiens, renforçant ainsi un soutien à l'économie d'ici.

Le local au détriment de l’Amérique

Le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) a récemment publié des données qui révèlent qu'une proportion significative de Québécois choisit de se tourner vers les produits provenant du marché local plutôt que de consommer des articles en provenance des États-Unis. Cette préférence s’explique par plusieurs facteurs : la volonté de soutenir les entreprises d’ici, mais aussi une perception de meilleure qualité des produits locaux. De plus, les consommateurs québécois estiment bénéficier d’un service après-vente plus réactif et personnalisé, ce qui renforce l’attrait pour les produits nationaux.

Le rôle croissant des plateformes étrangères

Cependant, ce retour aux sources ne signifie pas pour autant un rejet absolu des produits étrangers. En effet, bien que de nombreux Québécois choisissent d’acheter canadien, ils se tournent également vers des alternatives en ligne en provenance de plateformes internationales, notamment chinoises. Temu et SHEIN, deux sites populaires en raison de leurs prix attractifs, connaissent une croissance importante dans la province. Selon les dernières données, environ un Québécois sur quatre a effectué des achats via Temu au cours des six derniers mois, tandis qu'un peu moins de 20 % ont opté pour SHEIN, une tendance qui se renforce de mois en mois.

Cette évolution témoigne d’un changement dans les comportements d’achat : si le prix reste un critère essentiel, les consommateurs ne se limitent pas à privilégier uniquement les produits américains ou canadiens. Les achats en ligne, souvent moins chers, deviennent une alternative de plus en plus courante pour les Québécois.

Les motivations derrière le boycott

La montée en puissance de cette attitude anti-américaine est alimentée par plusieurs motivations. Outre la volonté de favoriser l’économie locale, de nombreuses personnes justifient leur choix par des préoccupations environnementales et la recherche de proximité. En achetant local, les consommateurs estiment réduire leur empreinte carbone, un argument de plus en plus pertinent dans le contexte actuel de réchauffement climatique.

De plus, un nombre croissant de Québécois ont exprimé une préférence pour des produits qu'ils jugent de meilleure qualité, notamment en ce qui concerne l’alimentation et les vêtements. Cela témoigne d’une prise de conscience collective sur les avantages de soutenir les entreprises locales et de consommer de manière plus responsable.

L'impact sur le secteur du tourisme

Cette tendance de boycott s’étend également au secteur du tourisme. En 2025, une enquête a révélé que de nombreux Québécois qui avaient prévu de voyager aux États-Unis ont modifié leurs plans ou annulé leur voyage. Ce changement d’itinéraire pourrait avoir des répercussions économiques importantes pour les États-Unis, qui comptaient sur l’afflux de touristes canadiens pour stimuler leur secteur touristique. Si cette tendance se poursuit, elle pourrait affecter à long terme les échanges commerciaux entre les deux pays.

Une tendance qui perdure

Au final, bien que l’idée de boycotter les produits américains soit apparue comme une réaction ponctuelle à certaines politiques ou pratiques commerciales, elle semble être devenue une tendance de fond pour une majorité de Québécois. Si les États-Unis restent une destination privilégiée pour les voyageurs et un partenaire économique majeur, les nouvelles préférences des consommateurs québécois indiquent un changement profond dans la manière dont ces derniers abordent la consommation. Le soutien au local, les préoccupations environnementales et la recherche d’un meilleur rapport qualité-prix vont continuer à façonner le marché au Québec dans les années à venir.

Crédit photo : Justin Vallée, Pexels

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